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The Voice 2024
Rarement une prestation de "The Voice" n’aura été autant commentée. Vernis Rouge s’est fait un nom dans l’émission sans que son audition à l’aveugle ne soit diffusée. Il a suffi d’un extrait pour que les réseaux sociaux s’affolent. Une semaine après sa mise en ligne, la vidéo de sa reprise en piano-voix du tubesque "Bande organisée" de Jul et ses camarades rappeurs marseillais cumule déjà plus de 10 millions de vues sur TikTok et plus de 6 millions sur Instagram. Une version entêtante qui ne laisse pas indifférent.
Même Malik Bentalha s’est emparé du phénomène en rejouant la scène avec une chanson différente. Tout ça valait bien un coup de fil à la principale intéressée, que ses proches appellent Manon. Avant de se présenter devant les téléspectateurs de TF1 ce samedi 2 mars, la jeune artiste de 25 ans sort la veille le single du morceau qui va peut-être définitivement changer sa vie.
Etienne Jeanneret / Bureau233Plus de 16 millions de vues sur les réseaux sociaux, ça donne un peu le tournis non ?
C’est dingue ce qui se passe. Je savais qu’en reprenant "Bande organisée", ça allait faire parler. C'était un peu le but mais on ne sait jamais à quel point. Là, c'est une belle surprise.
C’est d’ailleurs avec cette reprise que vous avez été repérée par la production de "The Voice"…
Sur les réseaux sociaux, je m’amuse à reprendre des chansons de rap en les mélangeant à un univers qui est davantage le mien, celui de la chanson française comme Edith Piaf, Barbara ou Dalida. Quitte à faire des reprises, autant que ça représente un défi. Je pense que le côté provoc plaît, les gens y voient quelque chose d’un peu audacieux. Ça vient aussi secouer des codes dans "The Voice". Ce n'est pas l’habitude de l’émission, c’était sûr que ça allait un peu dénoter.
Vous répondez quoi à ceux qui questionnent le fait de chanter un titre pas vraiment politiquement correct dans une émission familiale ?
Ce n’est pas mon domaine. J’ai passé toutes les sélections, j’ai été repérée pour cette chanson et ça n’a jamais été une surprise pour "The Voice". Je leur fais confiance.
Vous dites qu'"une reprise est réussie si on arrive à la faire aimer à des gens qui, de base, ne l’auraient pas aimée et écoutée". Amener des publics différents à ouvrir leurs horizons musicaux, c’est ce qui vous motive aussi à faire des covers ?
Franchement, oui ! On a l’impression que le rap est intouchable, sacré. J’ai reçu beaucoup de commentaires par rapport à ça. Certains me trouvent illégitime. C’est encore plus important dans ce cas-là de montrer que personne n’a le monopole d’un genre. Le but de l’art, c’est de se nourrir de tout ce qui existe. Si on commence à mettre des contraintes et des obstacles, on perd tout ce qui est beau.
J'ai participé à l'émission il y a quatre ans mais ça n'avait rien donnéVernis Rouge
Vous avez hésité avant de dire oui à "The Voice" ?
Je fais partie de ceux qui pensent qu’il y a tout à aller chercher dans les zones d’inconfort. C’est là qu’on apprend le plus. J’ai participé à l’émission il y a quatre ans avec une de mes compositions. C’était vraiment le début pour moi, ça n’avait rien donné et je n’avais pas accédé aux auditions à l’aveugle. Bruno Berbérès, le directeur de casting de "The Voice", m’a revue au casting des musiciens du métro où j’ai repris du Jul.
Dans l’émission, vous prévenez que "Vernis Rouge, c’est plein de facettes". Sur Instagram, vous vous présentez comme "Votre bourgeoise organisée préférée". Qui êtes-vous ?
J'ai vu plein de commentaires me qualifiant de bourgeoise. Ça m’a fait rire donc je voulais leur faire un clin d’œil. Je suis née au Liban, j’y ai passé toute mon enfance et en 2016, on a été rapatriés en France à cause de la guerre. Mon père est libanais, ma mère est française. Mes parents ont divorcé et on est restés. Depuis toute petite, je fais du piano et c’est un peu ce qui m’a sauvée. J’ai pu m’y accrocher toute ma vie, ça a été une révélation. L’envie de chanter a été évidente parce que j’aime beaucoup trop la langue française, ses mots, sa prononciation, son sens.
La musique, ça vous a aidée à construire vos racines en France ?
Oui, je pense. C’est ce qui m’a permis aussi de faire le lien avec le Liban, de garder un pied-à-terre là-bas. Je mets pas mal d’influences orientales dans ma musique. Ma famille du Liban vient toujours pour mes concerts en France. Même mes parents divorcés s’y retrouvent. J’ai rempli deux super salles à Paris l’an dernier, la Boule noire et le Café de la danse. Réunir tout le monde sur des moments de vie comme ça, c’est ma plus grande réussite. C’est précieux.
Cet étrange nom de scène, il vient d’où ?
Depuis petite, je suis plutôt garçon manqué. Je suis la petite sœur de deux frères que j’ai toujours voulu impressionner. J’ai eu du mal à trouver ma féminité, évidemment toute relative parce que chacun a sa manière de vivre la sienne. J’ai trouvé la mienne par la musique. Ça pouvait passer par la sensualité, j’ai osé parler d’amour, il y avait beaucoup plus de douceur. C’est pour cette rencontre, cette quêt...
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